EUSKAL HERRIA, HARRERA HERRIA
DIGNIDAD, DERECHOS y ALTERNATIVAS

LIBERTE DE CIRCULATION, ÉGALITÉ DES DROITS

 

 

“Ce qui était un détroit est devenu un abîme” chantait DUT, fameux groupe de rock d’Hondarribia. Après deux décennies, l’abîme s’est creusé sous nos yeux.

La forteresse européenne a érigé une barrière qui la sépare de la réalité et du monde. Le rêve européen est un rêve de barbelés, il emprisonne aussi le cœur de nombreuses personnes de ce continent. La barrière de séparation est quelque chose de physique mais pas de statique, elle se déplace avec ceux qui réussissent à la traverser et parviennent à poursuivre leur route.
Un voyage qui les porte jusqu’à chez nous, notre ville, Irun, où pendant 7 mois, des dizaines de personnes et de groupes organisés dans le réseau de soutien Irungo Harrera Sarea leur apportent de l’aide, ainsi que de l’amour, afin qu’ils et elles puissent continuer ce voyage. Nous parlons de solidarité, pas de charité. Nous parlons de soutien mutuel et de nous reconnaître dans la peau et dans les yeux de l’autre. Nous parlons d’humanité, nous parlons de justice.

Irun a ouvert ses bras, Euskal Herria a toujours ouvert ses bras à ceux et celles qui sont venues participer à la vie de ce peuple et contribuer à l’histoire de ce pays. Mais encore une fois, c’est l’initiative populaire qui a devancé les institutions et les politiciens professionnels. Ce sont les volontaires du réseau d’accueil d’Irun qui, depuis le début de cette crise humanitaire, sont descendues dans les rues pour aider et accueillir les milliers de personnes qui ont traversé notre ville. Nous sommes fières de ce que nous avons fait et de tout ce que nous faisons ! … Et nous nous sommes organisées et autogérées en marge des institutions car, depuis le début, elles sont arrivées trop tard et ont mal agi. Le Conseil Municipal d’Irun, la Diputación de Gipuzkoa, le Gouvernement Basque, le Gouvernement central et les Institutions Européennes ne souhaitaient pas faire face à cette situation avec détermination. Toutes ces institutions improvisent depuis des mois et donnent des réponses à court terme, sans proposer de solutions, de plans ou de politiques à long terme. Il s’agit d’une crise humanitaire qui touche des milliers de personnes et nécessite une réponse efficace, affective, humaine et solidaire. Improviser, panser et ne pas utiliser tous les moyens à votre disposition pour remédier à cette situation ne fera pas que des milliers de personnes cessent de venir ici.

Nous exigeons que les politiciens apportent des solutions et ne créent pas de nouveaux problèmes. Nous demandons un accueil digne, intégral et permanent.

• Nous exigeons des institutions une politique d’immigration garantissant les droits et générant des alternatives.
• Nous réclamons la libre circulation des personnes et le respect des droits de l’homme. Personne n’est illégal. Non aux renvois de migrants !!!
• Nous dénonçons les politiques néocoloniales de pillage et de spoliation que les principales puissances économiques mondiales développent en Afrique et dans différentes parties du prétendu tiers monde, et qui condamnent des millions de personnes à travers le monde à la misère et / ou aux migrations.
• Nous demandons le respect. Respect pour les personnes qui sont forcées de quitter leurs maisons et leurs villes pour venir ici. Personne ne joue sa vie, ni celle de ses fils et filles, pour rien. Tous et toutes ont été et sont des immigrants, et l’histoire d’Euskal Herria est pleine de moments de bienvenue, mais aussi malheureusement de moments de fuite.

Et enfin, nous voulons nous adresser à ceux qui nous gouvernent d’en haut. Aux gouvernements et à l’élite politique européenne qui semblent avoir adopté le discours de haine et de xénophobie de la nouvelle vague de partis populaires nationalistes. Proposer des recettes simples ne sert pas à résoudre des situations et des problèmes qui obéissent à des réalités plus complexes. L’Europe est une terre d’accueil, que Salvini ou Casado le veuillent ou non. Elle l’est depuis des siècles et elle continuera de l’être.

L’avenir de l’Europe est multiculturel, car nous sommes destinéEs à nous mélanger, nous rapprocher, nous comprendre, nous unir et nous embrasser.

« Ce qui était un détroit est devenu un abîme  » chantait le groupe de rock hondarribitarra DUT. Cela dépendra beaucoup de nous. Nous pouvons éviter que cet abîme ne se creuse encore.

Signez et adhérez à ce manifeste. Exprimez votre solidarité avec les personnes en transit et participez à la manifestation d’Irun (FICOBA) le 26 janvier à 17h!